Samedi 21 juin 2008
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C'est une période étrange pour les précaires des savoirs. En général c'est studieux, par la force des choses. On sait qu'on embarque un ordinateur, dans le
meilleur des cas on fait coïncider un déplacement financé en guise de dédommagement du travail gratuit.
Chez les chercheurs c'est le moment où l'on boucle des articles scientifiques ou l'on dépose des demandes de financements. Attention certains articles sont l'aboutissement d'années
de travail. Néanmoins, là encore le mandarinat pèse bien lourd. En ce qui concerne les financements certains organismes offrent des formations pour y répondre, parce que croyez
moi c'est pas simple. Fin juin, c'est aussi le moment où l'on se dit qu'on va décrocher du boulot pendant une semaine.
En sachant que c'est parfois aussi difficile que d'arrêter la clope.
C'est le moment où l'on pense à septembre et ses colloques arène et cours du roi et de recréation tout à la fois. Ici seront distribuées des gratifications symboliques aux
conférenciers.
Certes les mandarins auront l'hôtel à étoiles au centre et le thésard non titulaire paiera son hôtel miteux. Mais quelle gloire d'être conférencier, d'ajouter une ligne au
CV, approcher les stars, partager leurs éclats, se faire connaître, se faire acheter parfois… Et puis au détour de cette mascarade, il y a la discussion avec des chercheurs issus
d'autres univers scientifiques et culturels. Il y a cette recherche qui va vous inspirer, cette affinité intellectuelle unique, où l'on a l'impression de progresser sur un
point important… Là est cette gratification symbolique qui nous fait courir
mais qui ne devrait pas justifier notre allégeance, nous ne sommes pas libres, mais consentants.
Que ferons nous dans cinq ans et dans 10 ? Dans quelle société va-t-on vivre, nous qui avons d'outils conceptuels pour l'anticiper et le penser ?
Samedi 21 juin 2008
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14:41
Texte trouvé
ici
par "Doctorant pas dupe"
Certains doctorants ont du mal à se sentir concernés par les manifestations des chercheurs. En effet une des revendications des mouvements actuels est peut-être de faire
reculer la précarité, mais pourtant les chercheurs sont les premiers à tirer profit de cette précarité. Beaucoup d’entre eux embauchent par paquets des CDD et des doctorants.
Ils leur font miroiter des hypothétiques postes permanents pour s’assurer de leur docilité et de leur obéissance. Ils les découragent voire même les empêchent de suivre des formations les aidant
à trouver d’autres débouchés que la recherche publique. Responsables des enseignements à l’Université, ils font tout pour que leurs étudiants ne puissent s’orienter que vers la recherche,
s’assurant ainsi un vivier de jeunes qui pourront travailler pour eux sans se soucier de leur insertion future. De nombreux chercheurs n’encadrent pas suffisamment leurs thésards et leur laissent
ainsi de grosses lacunes scientifiques et techniques, mais n’hésitent pas à leur reprocher ces lacunes. Des lacunes qui sont de plus préjudiciables pour avenir d’un thésard car elles rendent
difficile son employabilité, dans le public comme dans le privé. Et ces chercheurs envoient balader grand nombre de leurs thésards en fin de thèse sans les aider à trouver un emploi. Le plus
criminel étant bien entendu quand ils leur conseillent de faire des post-docs sans leur dire qu’ils ne les soutiendront pas pour obtenir un poste permanent 4 années voire plus après la thèse...
Non vraiment beaucoup de doctorants lucides ne sont dupes de la soit-disant solidarité des chercheurs lors des manifestations, ils ne considèrent cette solidarité que comme une apparence
d’altruisme que veut se donner le mouvement des chercheurs.
Ces mouvements de chercheurs ne cherchent qu’à défendre leurs privilèges et montrent bien au quotidien qu’ils se fichent de la jeune génération. Ce sentiment est en train de se généraliser à
l’ensemble de la communauté des thésards.
Samedi 21 juin 2008
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12:27
voir le blog de Caroline
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Avais je le bon pronostic, non. Je m'attendais à plus d'hommes!
Sinon comme indiqué dans le précédent mail, je crois que le rectrument et très bon classement d'européanistes locaux à joué en ma
défaveur.
D'autres très bons/gros dossiers ont été écartés de manière étrange, comme celui de véronique, voire de vanina qui arrive 4e derrière 3 locaux.
Pas plus de commentaires même si j'en ai gros sur la patate.
Prix de l'audition: 150 euros de train (vais je réussir à me les faire rembourser, c'est pas sur, mais je vais essayer) plus 30 euros de chronopost pour l'envoi de mes publi dans un colis qui a
été décacheté sous mes yeux au moment de l'audition.
Soit un total de 180 euros. Heureusement que des collègues m'ont hébergée sur place car sinon....
Sinon, peut-etre que les recrues ont de la bouteille aussi. Car après tout, je ne vais pas moi même tomber dans le travers que je dénonce, à savoir penser que les candidats dont je ne connais
pas les travaux ont des dossiers vides.
C'est le problème de la non communication et/ou de la non centralisation des infos personnelles.
Bianca et Pauline n'ont pas pages personnelles sur le web ni de CV en ligne (le tout étant minutieusement dispersé). On ne peut que les encourager à indiquer publiquement quels sont leurs
parcours, axes de recherches passés et actuels, quelles ont été leurs publications et/ou collaborations.
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Mercredi 18 juin 2008
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Appel à vous : J'ouvre ce blog aux intellos précaires, ouvriers du
savoir, aux non-titulaires-en-attente-de-mieux, aux
titulaires-qui-sont passés par là, aux esclaves des mandarins, aux Lupen de « l’intelligence ». Je souhaite
relever la tête, recueillir des témoignages, pour créer un dialogue, élaborer un réseau de solidarité, pour dépasser la concurrence de chacun contre chacun, cette guérilla idéologique
individuelle qui ne mène nulle part...
Mercredi 18 juin 2008
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15:02
Sauvons la
recherche nous appelle à la rescousse demain jeudi à 8h 30 pour sauver le CNRS et "pour un monde
meilleur"
tant qu'à faire...
Que puis-je faire pour défendre l’enseignement et la recherche le 19 juin ?
SLR propose les actions suivantes, j'expose mon point de vue.
Venir (dès 8h) participer au blocage du CA du CNRS à Paris.
Je vais y aller, et demander aux présents combien sont titulaires, combien sont précaires, ha non ! Demain matin je surveille des examens pour l’éducation nationale (il faut bien
vivre).
Inciter le directeur de mon laboratoire ou/et de mon UFR à organiser une réunion pour discuter et préparer le 19 juin : les conditions posées et la portée de la grève administrative ;
(rire) Je suis suspect pour le moins depuis mes sorties sur SLR, il y a 4 ans. à l’époque mon directeur de labo à démissionné, puis réintégré son poste, tranquille. Quant à moi et mes
co-disciples nous sommes toujours aussi précaires. Ah oui, ce directeur fait indéniablement partie des mandarins…
Afficher l’appel sur la porte de mon bureau ;
C’est une bonne idée, mais au fait il est où ? Pourtant c’est ma cinquième année d’enseignement à l’université je devrais le savoir où qu'il est ce bureau…
Diffuser l’appel dans mes réseaux ;
Hi Hi, tiens je vais l’envoyer à ma mailing-list de chercheurs précaires et autres travailleurs du savoir et artistes… pourquoi pas chez Kalai ?

Diffuser l’appel des médaillés
CNRS et en contacter de nouveaux
Oula... pas beaucoup de médaillés CNRS dans mon carnet d’adresses, c’est donc pour ça que je n'y suis pas recruté… Je me refuse à y
croire.
M’informer sur l’ANR ;
Quand je propose un projet de recherche à l’ANR c’est pour croûter pas pour acheter une maison secondaire, je les connais bien… Quoi il y aurait des membres de SLR à l’ANR ? impossible
!
ou le financement de la recherche :
Je sais bien, je travaille dans des locaux où les plafonds risquent de tomber…
le budget de la recherche (4 pages + annexes) ;
Faible ou élevé je reste un esclave intermittent, j'ai pas vraiment le temps de lire ça
le crédit impôt-recherche (2 pages) ;
Moins d’impôts, plus de fondations et de mécénat, il faudra
pleurer auprès d’un prince pour avoir quelques miettes, c’est déjà le cas, mais en plus il faut cirer des pompes mandarinales, pas le temps de lire non plus et je dois finir cet article, il faut
soumettre (nos articles) avant les départs en vacances car nos "pairs" qui nous expertisent en toute indépendance et qui partent en vacances eux...
pardon pour l'accent populiste...
Bon j'y retourne,
Pour que cela soit clair, je suis totalement opposé à ces
« réformes ». Mais je suis trop précaire pour lutter avec SLR demain matin…
Si SLR organise un rdv de précaires sans
titulaires, j'y serai...
TEXEROLAS
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