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témoignages d'ici et d'ailleurs...

Mercredi 9 juillet 2008
Bien qu'un peu long, nous reproduisons l'intégralité de ce témoignage épistolaire.

Vu ici : encore un précaire qui ne marche pas...
par "candidat malchanceux"


Pourquoi je ne me battrai pas aux côtés de SLR
 9 juillet 2008.


Nous sommes nombreux à le penser, quelques-uns à l’écrire sur nos sites. SLR ignore les précaires ; SLR est une association de mandarins.


SLR se limite à convoquer les précaires, pour défiler dans la rue à leurs côtés, quand ils ont besoin de défendre leurs statuts et leurs privilèges.


Quand nous écrivons cela, SLR nous répond que ce n’est pas vrai, que les responsables de SLR sont sincères, et que nous, les précaires, sommes incapables de penser correctement notre situation de précaires. SLR nous râbache la solidarité nécessaire.


Qu’est-ce que la précarité pour SLR ? La question mérite d’être posée. Nous savions déjà que SLR nous appelait « jeunes chercheurs ». Nous pouvons désormais avoir une idée précise et objective de la définition de la précarité selon SLR. Fournie par la vice-présidente de l’association.


Dans un mail envoyé le premier juillet sur la liste débats de SLR (mail qui a beaucoup circulé, je l’ai reçu d’un collègue précaire qui est sur cette liste), la vice-présidente de l’association écrit dans sa signature :

« XXX (qui, certes, n’est plus précaire, mais qui essaye pour autant de ne pas oublier ce que c’est....) ».

Quand une professeure d’université écrit qu’elle n’est « plus » précaire, cela signifie clairement qu’elle a été précaire. Quand une statutaire ancienne précaire écrit qu’elle « essaye de ne pas oublier ce que c’est », c’est une manière de dire qu’elle a vécu les difficultés de la situation des précaires. Une manière d’affirmer la solidarité d’une ex-précaire envers les précaires. Une manière de dire que les difficultés de la précarité s’oubliraient vite, et qu’après l’obtention d’un poste, pour un statutaire, il faut faire un effort pour se souvenir de ce qu’est la précarité.


Très bien. Nous applaudissons, nous sommes émus. Nous sommes convaincus que SLR a un intérêt véritable pour les précaires, puisque leur vice-présidente a été précaire.


Comme nous sommes, en tant que précaires, curieux de savoir ce qu’a vécu comme période de précarité la vice-présidente de SLR, et de voir comment elle est arrivée à ne plus être précaire, nous allons regarder sur le site de son laboratoire la trajectoire de la professeure. Pour avoir un exemple autorisé SLR sur « comment sortir de la précarité ».


Le CV de la vice-présidente de SLR est consultable en ligne sur le site de son laboratoire (http://www.univ-paris13.fr/CEPN/cv_...). La réponse à nos questions est donc en ligne, accessible à tout le monde.


2004 : Professeure des universités
1994-2004 : Maître de conférences à l’Université
1992-1993 : A.T.E.R. à l’Université
1990-1992 : Allocataire- Moniteur
1989-1990 : Allocataire de recherche à l’Université

2004 : HDR
1994 : Doctorat
1989 : D.E.A.
1987 : Maîtrise
1986 : Licence


Thèse en 2004, intégration 2OO4, Dea 1989 (càd M2) - allocataire de recherche, allocataire-moniteur, puis Ater pendant son doctorat (4 ans). Thèse en 4 ans et demi. Une année sans allocation (1993-1994). Intégration comme maître de conférences l’année de sa thèse. Promotion comme professeure l’année de son HDR.




Nous connaissons donc maintenant la définition de la « précarité » selon SLR. Une année sans allocation pendant la thèse.

 

 

 

 

 


Quelques questions :

  • Combien de doctorants sans allocation ?
  • Combien de doctorants font leur thèse en quatre ans et demi, avec quatre ans de rémunération ?
  • Combien de doctorants sans allocation qui ne finissent jamais leur thèse ?
  • Combien de docteurs qui trouvent un poste à l’université l’année de leur doctorat ?
  • Combien de docteurs sans poste qui survivent de petits boulots à temps partiel ?
  • Combien de précaires candidats malchanceux qui restent en dehors du système ?
  • Combien de maîtres de conférences qui deviennent professeurs l’année de leur HDR ?


Il me semble que nous avons là une preuve du mépris de SLR envers les précaires. Une preuve de leur ignorance de la réalité de la situation des précaires. Une preuve de la suffisance de leurs responsables.


Nous pouvons constater leur aveuglement, nous voyons bien qu’ils ne feront rien pour analyser les magouilles d’un système qui leur a fourni leurs places confortables.

 

Pour ma part, je ne me battrai pas aux côtés de privilégiés qui ont une telle définition de la précarité.



Eliane Daphy va-t-elle censurer ce message, comme elle l’a fait pour mon message précédent qui traitait déjà de cette question ? Va-t-elle une fois de plus me répondre que les responsables de SLR sont sincères, que la solution pour les précaires est de lutter avec eux ?


Eliane, je te le demande en toute amitié : aurais-tu perdu tes capacités d’analyse et de révolte, parce que tu fais désormais partie des responsables de SLR ? Vas-tu continuer à censurer des messages sur ton site ? Vas-tu renier ce que tu as vécu, et adopter une définition de la précaires qui exclut la majorité d’entre nous ?


ton pote le candidat malchanceux



Pour information :
"XXX" ie., Isabelle This Saint-Jean, V.P. SLR était présente lors de la réunion du 8 juillet 2008 dont nous avons fait échos ici.

Apparemment cela fait grincer quelques dents...

Merci à
E. Daphy de ne pas avoir censuré ce texte bien documenté...
Merci à "Alex" pour la précision (que je confirme)...
Merci à nos informateurs anonymes ou non...



"candidat malchanceux" tout comme "doctorant pas dupe"  et autres enervés, avatars anonymes averés ou de circonstance, statutaires honteux ou flippés de parler... etc...

Vous pouvez aussi nous contacter directement pour proposer et/ou envisager des actions...

La précarité prend
plusieurs formes, l'expression autonome (mais aussi hétéronome) des précaires aussi...


 

 


Par TEXEROLAS
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Dimanche 6 juillet 2008


Par Henni

vu ICI


j’ai soutenu ma these de doctorat il y a plus de 6 ans. J’ai eu des ennuis de sante serieux, des circonstances personnelles difficiles, mais j’ai bosse dur, tres dur ces dernieres annees au point de sacrifier ma vie de famille en travaillant ces deux dernieres annees a 650 km du lieu de residence de ma femme et de mes jeunes enfants. J’ai subi et je subis toujours la tyrannie de vraies pourritures que sont les mandarins des labos.


Ma femme, jeune postdoc, s’est faite traitee comme une moins que rien dans son labo quand seule elle a du faire face a la coqueluche d’un de nos enfants qui l’a retenue quelques jours eloignee de son ordinateur. Le financement du projet de recherche qu’elle a elle-meme initie s’etant arrete brutalement, elle bosse gratos pour son labo et nous avons finance en grande partie les quelques conferences auxquelles elle devait assister. En resume, nous avons, comme l’ensemble des precaires, une vie professionnelle de merde qui n’est pas sans consequence sur notre vie de famille. Le metier de chercheur est difficile et exigeant, et nous comme l’aimons passionnement nous nous battons tous les jours pour ne pas craquer contre la stupidite et la mechancete gratuite de certains de nos collegues. En tant que precaire, soit on avale des couleuvres, soit on demissionne et on met sa carriere en danger. Des concours, j’en ai passe pas mal. J’ai ete auditionne et classe un certain nombre de fois, mais je trouve toujours frustrant de savoir que les des decisions sont prises bien en amont, comme par exemple dans mon groupe actuel ou le chef a decide que son thesard aurait le poste : le concours etait une vraie mascarade (a laquelle je n’ai pas participe) mais l’Etat francais recrute maintenant un fonctionnaire sur la base d’un concours bidon car c’est le fait du prince local. Mon medecin de famille a meme fini par me prescrire des antidepresseurs !


De l’energie j’en avais a revendre il y a quelques annees, mais vous comprendrez qu’a la longue, a force de me prendre des coups venant du monde de la recherche meme, ma combativite diminue de facon substantielle quand il s’agit de me battre pour le systeme actuel. Ma perception du mouvement SLR a change aussi : il y a 4 ans, j’etais impressionne ; maintenant je trouve que ce mouvement manque d’eclat et federe de moins en moins au sein de la communaute des chercheurs. Je ne doute pas que les membres de SLR et ses dirigeants consacrent du temps et de l’energie a faire du systeme francais un meilleur systeme, mais je rejoins l’analyse de Igor Babou quand il dit que les pseudo-negociations avec notre gouvernement se font en pure perte car ce dernier n’a fondamentalement que faire de vos positions aussi bonnes soient-elles.

 


L’energie que je mettrais dans ma combativite pour la defense du systeme de recherche francais si j’avais le confort d’un poste permanent, je l’investi dans les efforts que je consens a pratiquer mon metier dans des conditions minables pour un salaire somme toute derisoire. Comme je l’ai deja dit ailleurs, en tant que precaire, ce que j’ai l’impression de voir dans les yeux de certains collegues permanents lors de situations de tension au sein du groupe quand le big boss met la pression au precaire que je suis, c’est ce sentiment de satisfaction un peu coupable de ne pas etre a ma place, si bien decrit par les fameux vers de Lucrece commencant par "suave mari magno...".

 

 


Par TEXEROLAS
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Mercredi 25 juin 2008
Le savoir est une arme...

Un courrier de Nadia...

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Longue vie à ce nouveau blog, la précarité s'étend, l'expression autonome des précaires aussi. Cela dit en tant que précaire généraliste au RMI, j'espère que celui-ci ne prendra pas le travers d'autres blogs de précaires spécialisés ( journalistes, intermittents, etc...) c'est à dire un dialogue fermé avec les "titulaires " du secteur correspondant.

Moi, l'initiative "sauvons la recherche " avec son appel au peuple, son côté immensément généreux du style "nous nous battons pour le savoir et l'éducation de tous ", m'avait fait hurler de rire.

Comeback années 90, campus de Nanterre: à la Bu, il y a certes des étudiants. Mais aussi des papies et mamies qui compulsent frénétiquement la Gazette du Palais de 1922, des flâneurs qui prennent des bouquins au hasard, des SDF qui lisent le journal. Dans les amphis, toujours des curieux, des autodidactes qui n'ont rien à gagner que le savoir, et qui sont souvent plus attentifs que les étudiants. A la cafétéria, tu peux encore bouffer pour pas cher, et à la cité U, tu crains pas l'expulsion dès que t'as un mois de retard de loyer. Le Rmiste qui veut s'inscrire à la fac n'en a pas le droit légalement, mais c'est toléré, et l'admin qui balancerait serait mal vu.

Non, je ne pleure pas sur ma jeunesse perdue et idéalisée. Mais quand ils ont demandé la carte d'identité à l'entrée de la BU , qui a moufté ? Quand les flics ont commencé à arrêter qui ils voulaient sur les campus, qui a moufté ? Quand ils ont viré des dizaines d'étudiants pauvres de la cité U, qui a moufté ? Quand la CAF et la fac ont commencé à tomber sur le dos des étudiants Rmistes, qui a moufté ? Pas grand monde, et l'université est devenu un bunker étanche ou certains pensaient sûrement que les murs, les caméras et la sélection les protégéraient de la jungle autour. Bah non, c'était pas fait pour ça.

Alors aujourd'hui les précaires du savoir ont une alternative - se battre pour une place dans un bunker qui prend l'eau de toute part, ça s'appelle la "sécurité de l'emploi", et c'est une vaste fumisterie , en tout cas les emplois proposés auront de moins en moins à voir avec le savoir et la recherche. - ou défoncer les murs et réaliser que personne ne pourra gagner seul. Le savoir est une arme, faites en profiter les précaires, réouvrez l'université !
Par TEXEROLAS
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Mardi 24 juin 2008

Texte de Yannick Comenge

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Les temps changent... En 2004, plus de 5000 directeurs auraient été à cette fronde. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une poignée d'entre eux. Les autres lorgnent sur les contrats ANR, financent sur un an des post-doc en les enchainant pour produire des articles qui iront gonfler les CV de futurs poulains statutaires.


On peut dire sans trop se mouiller que notre système est plutot "mité" comme le suggère Nicolas Sarkozy. Quand je vois la différence entre les statutaires vissés à leur poste et les précaires post-doc, doctorants, stagiaires, je trouve qu'un tel système qui ne partage pas sa précarité mais la fait reposer sur les plus jeunes... un tel système s'avère inégalitaire et injuste. Sarkozy n'aurait il pas une vista plus solide pour ceux qui aujourd'hui sont sur des petits contrats, des vacations minables et d'autres systèmes sous-financés... S'il a une vraie volonté de réformer notre système pour en faire une machine plus humaine, moins inégalitaire, moins inféodée à des statutaires indéboullonnables... j'avoue en tant que précaire, que je veux bien signer... Ma déclaration est d'autant plus solide que je suis membre des groupes les plus antisarko de la place parisienne...

il aura fallu
huit ans de précarité dure en recherche pour voir que nos statuts ne méritent pas la misère qu'ils imposent à notre jeunesse scientifique.

 

Avis du matin...

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Par TEXEROLAS
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Samedi 21 juin 2008
Texte trouvé ici
par "Doctorant pas dupe"

Certains doctorants ont du mal à se sentir concernés par les manifestations des chercheurs. En effet une des revendications des mouvements actuels est peut-être de faire reculer la précarité, mais pourtant les chercheurs sont les premiers à tirer profit de cette précarité. Beaucoup d’entre eux embauchent par paquets des CDD et des doctorants.

Ils leur font miroiter des hypothétiques postes permanents pour s’assurer de leur docilité et de leur obéissance. Ils les découragent voire même les empêchent de suivre des formations les aidant à trouver d’autres débouchés que la recherche publique. Responsables des enseignements à l’Université, ils font tout pour que leurs étudiants ne puissent s’orienter que vers la recherche, s’assurant ainsi un vivier de jeunes qui pourront travailler pour eux sans se soucier de leur insertion future. De nombreux chercheurs n’encadrent pas suffisamment leurs thésards et leur laissent ainsi de grosses lacunes scientifiques et techniques, mais n’hésitent pas à leur reprocher ces lacunes. Des lacunes qui sont de plus préjudiciables pour avenir d’un thésard car elles rendent difficile son employabilité, dans le public comme dans le privé. Et ces chercheurs envoient balader grand nombre de leurs thésards en fin de thèse sans les aider à trouver un emploi. Le plus criminel étant bien entendu quand ils leur conseillent de faire des post-docs sans leur dire qu’ils ne les soutiendront pas pour obtenir un poste permanent 4 années voire plus après la thèse... Non vraiment beaucoup de doctorants lucides ne sont dupes de la soit-disant solidarité des chercheurs lors des manifestations, ils ne considèrent cette solidarité que comme une apparence d’altruisme que veut se donner le mouvement des chercheurs.

Ces mouvements de chercheurs ne cherchent qu’à défendre leurs privilèges et montrent bien au quotidien qu’ils se fichent de la jeune génération. Ce sentiment est en train de se généraliser à l’ensemble de la communauté des thésards.
Par TEXEROLAS
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Samedi 21 juin 2008


voir le blog de 
Caroline
 

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Avais je le bon pronostic, non. Je m'attendais à plus d'hommes!

Sinon comme indiqué dans le précédent mail, je crois que le rectrument et très bon classement d'européanistes locaux à joué en ma défaveur. 

D'autres très bons/gros dossiers ont été écartés de manière étrange, comme celui de véronique, voire de vanina qui arrive 4e derrière 3 locaux. 

Pas plus de commentaires même si j'en ai gros sur la patate.

Prix de l'audition: 150 euros de train (vais je réussir à me les faire rembourser, c'est pas sur, mais je vais essayer) plus 30 euros de chronopost pour l'envoi de mes publi dans un colis qui a été décacheté sous mes yeux au moment de l'audition.

Soit un total de 180 euros. Heureusement que des collègues m'ont hébergée sur place car sinon....

Sinon, peut-etre que les recrues ont de la bouteille aussi. Car après tout, je ne vais pas moi même tomber dans le travers que je dénonce, à savoir penser que les candidats dont je ne connais pas les travaux ont des dossiers vides. 

C'est le problème de la non communication et/ou de la non centralisation des infos personnelles. 

Bianca et Pauline n'ont pas pages personnelles sur le web ni de CV en ligne (le tout étant minutieusement dispersé). On ne peut que les encourager à indiquer publiquement quels sont leurs parcours, axes de recherches passés et actuels, quelles ont été leurs publications et/ou collaborations.
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Par TEXEROLAS
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Mercredi 18 juin 2008

 


Appel à vous : J'ouvre ce blog aux intellos précaires, ouvriers du savoiraux non-titulaires-en-attente-de-mieux, aux titulaires-qui-sont passés par là, aux esclaves des mandarins, aux Lupen de « l’intelligence ». Je souhaite relever la tête, recueillir des témoignages, pour créer un dialogue, élaborer un réseau de solidarité, pour dépasser la concurrence de chacun contre chacun, cette guérilla idéologique individuelle qui ne mène nulle part...

Par TEXEROLAS
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